• SAVOIR GRANDIR
    ou comment un petit Bourguignon se métamorphose
    en parfait titi parisien

    " La Biographie de Florent Pagny est tiré du livre FLORENT PAGNY de Eric Chemouny "
    édition HORS COLLECTION

    Site internet officiel : http://www.florentpagny.org/

    Florent Pagny
    Né le 6 novembre 1961
    A Chalon-sur Saône
    1961, à l'aube d'une dècennie pleine de promesses, de nouvelles idoles surnommées les " yé-yés " clament leur foi en l'avenir à coup de refrains lègers et insouciants. Le petit Florent Pagny, qui vient de voir le jour en ce 6 novembre, dans une maternité de Chalon-sur-Saône, ne sait pas encore que trente ans plus tard, il côtoiera de très très près ces stars en herbe.
    Pour l'heure, il se contente de gazouiller, sous l'oeil admiratif et bienveillant de son heureuse maman, la blonde Odile.
    Jean Pagny, artisan menuisier de son métier, n'est pas mécontent non plus de voir arriver, dans le clan Pagny, un petit garçon aux yeux bruns et rieurs, qui babille déjà plus fort que les autres. C'est entouré de toute leur affection qu'il va grandir jusqu'à l'âge de dix ans dans une Bourgogne paisible, avec son frère frédéric, et ses deux soeurs, Marie-Pierre et Marie-Pascale, tous trois aussi turbulent que lui...
    Maman Pagny, secrétaire de profession, aurait presque tendance à le couver. Elle lui chante les chansons à succès de l'époque, ainsi que des airs d'opérette, dont elle est très friande. Il faut préciser que le rêve secret d'Odile est de vocaliser en professionnelle sur les grands airs d'opéra.
    - Ma mère aurait aimé être chanteuse. Elle a une très belle voix. A vingt ans, elle a voulu monter à Paris, mais à l'époque, pour une fille, cela pouvait mal tourner... Elle a fait une sorte de transfert sur moi, explique Florent.
    - Il n'y a pas de secret : mes grands-parents en Bourgogne créaient déjà des comédies musicales dont ma grand-mère écrivait le scénario en caricaturant tous les gens du village....

    1972, les Pagny déménagent pour s'installer à Bonneville. Les premiers contacts avec ce nouveau monde ne sont pas évidents pour le jeune Florent, malgrés son caractère plutôt sociable et enjoué :
    - J'avais onze ans quand nous avons atterri en Haute-Savoie. En fin de compte, c'est assez dur de se retrouver dans un bled où tu n'es pas né. Il y a comme une sorte de ségrégation entre les mômes. Les copains que j'ai pu avoir étaient tous des dérangés comme moi. Nous etions la petite bande des " immigrés " de Bonneville : on faisait les 400 coups......
    Il occupe l'essentiel de son temps libre à répéter au sein d'un groupe de majorettes municipales ! Pour un voyou, on peut faire pire...
    - Avec les majorettes, nous défilons à l'occasion des fêtes du village. Je portais un chapeau rouge, c'était pas triste. Il se trouvait toujours là un micro et une estrade, alors je montais pour pousser la chansonnette, à chanter des chansons de Luis Mariano, de Sardou et de Lenorman avec un timbre de voix très particulier pour un enfant... J'étais une curiosité : un enfant de onze ans chantant du Luis Mariano, t'imagines !

    En revanche, avec les filles auxquelles il s'intéresse déjà de très près ( trop d'ailleurs, au goût de certaines...), il ne rencontre pas toujours le même succès. Même si la première fois, la chance lui fait plutôt de l'oeil :
    - J'avais onze ans - on n'est pas trop romantique à cet âge là - elle était plus vieille que moi... c'était une fille de la classe au-dessus. T'as onze ans, tu penses même pas à celles qui sont dans ta classe, alors une " grande " ! C'était un flirt poussé, on n'a pas été à l'acte.
    Avec les suivantes, il lui arrive de se montrer plus direct et agressif, au point de "faire une frite au cul", selon sa propre expression, de celles qui lui font de l'effet, ce qu'elles ne prennent pas toutes avec humour....
    1976, Florent à quinze ans et déja ce regard franc, ce sourire sympathique et émaillé de dents écartées que l'ont appelle les " dents de la chance ". Ce même signe particulier qui, avant lui aura porté bonheur à Sylvie Vartan ou à Laurent Voulzy. Si chance il y a sur son chemin, une chose est sûre : ce n'est pas à Bonneville qu'elle lui fera pied ! Il en est bien conscient et , malgré ses dehors de gros paresseux, l'animal n'est pas du genre à perdre son temp. Cette fois, et ayant rapidement fait le tour de toutes ses - maigres - capacités scolaires, il est bien décidé à monter à Paris.
    - Quand j'ai quitté mes parents, je l'ai fait en parfait accord avec eux. Nous étions quatre enfants, avec tout ce que cela implique comme difficultés pour gérer l'éducation de tous. Je n'ai jamais fugué ou été un enfant rebelle. J'avais les idées claires sur ce que je voulais faire. Ils ont su m'écouter et me comprendre.

    Florent ne débarque pas à Paris dans de meilleurs conditions matérielles, puisqu'il est d'abord envoyé à l'Armée du salut. Aprés deux mois de galère dans une ville trop grange et trop annonyme pour lui, il craque et rentre illico chez papa-maman. Un gros calin par maman et des petites recommandations de papa, et revoilà notre futur Parigot regonflé à bloc pour affronté la capitale....
    _ Je me suis dit que c'était une belle carte de liberté. je voulais la jouer. je me suis accroché. Et je le dis à tous les jeunes : apprenez à choisir vos amis. Moi, c'est ce qui m'a permis de ne pas me tromper.
    An registre de ses nombreux petits boulots, Florent peut se vanter d'avoir été commis de restaurant, barman et même courtier. Mais rien ne l'aura autant enrichi et responsabilisé que... le baby-sitting. Hébergé pendant un an par un jeune couple qui lui voue une confiance sans limite, il se voit confier la garde de deux petites filles : l'une de six mois, l'autre de deux ans.
    1980, Florent est barman au Broad, une boîte de nuit branchée, située rue de la Ferronnerie, dans le quartier des Halles à Paris.
    C'est un haut lieu gay nocturne qui voit défiler toutes sortes de créatures de tous les sexes, mais aussi de nombreuses personnalités de la mode et du show-business. Au passage, cette expérience est aussi pour Florent l'occasion de vérifier que son affaire, c'est belle et bien les filles.
    - Pourtant je suis très " pédé " dans mes relations de copains, mes pôtes, je les embarque dans tous mes plans, pour moi, c'est une vrai homosexualité. Côté physique, en revanche, impossible pour moi de passer le cap.
    Un soir, il est abordé derrière son comptoir par Dominique Besnéhard, directeur de casting déjà trés en vogue.
    - Il a débarqué pour faire son casting à la sauvage, comme il en avait l'habitude.C'était un peu la mode à l'époque de recruter des acteurs dans la rue. Il m'a demandé si je connaissais parmis les clients un p'tit gars ayant du tempérament et capable de faire des essais. Il m'a raconté l'histoire de Diva que devait tourner jean-Jacques Beineix. J'ai répondu : " ben, et moi ? J'suis pas un p'tit gars avec du tempérament ? Il est vrai que j'avais un look qui allait de pair avec la boîte. et qu'il n'était pas évident de déceler en moi quelqu'un pouvant entrer dans le rôle du petit facteur.
    N'étant pas du genre à se laisser désourager, Florent pousse plus loin cette conversation de comptoir :
    - Et je commence à le baratiner, à lui prendre la tête...Puis il me dit due le personnage masculin dont il a besoin est fou d'opéra. Je lui réponds : " C'est marrant, moi je chante de l'opéra. " Et là, il se produit un déclic, il me voit autrement. Enfin ! Il me donne un rendez-vous et je débarque aux auditions pour Diva.
    Malheureusement pour lui, il ne sagit que d'un faux départ.
    - J'ai vraiment failli faire ce film, mais au dernier moment Beineix a flippé à l'idée de prendre un mec qui n'avait jamais mis les pieds sur un plateau. Il a retenu Frédéric Andreï qui venait de famille du cinéma et qui lui a démontré qu'il avait des attaches techniques. Cela a rassuré Beineix.
    Ce malentendu qu'il considère sur le moment comme une profonde injustice, lui apprendra dans l'avenir à savoir se battre...

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